Archive pour la catégorie ‘poésie’
bi-portraits
Dimanche 14 décembre 2008moi je trouve cette série de photographies très belle, regardez c’est ici
octobre (best of)
Jeudi 30 octobre 2008The Part Antonija Livingstone / festival Marseille Objectif danse
Dans le café de la jeunesse perdue Modiano
Flora olbiensis photographies d’Erwan Frotin
Didier Marcel (exposition)
L’Art de toucher le Clavecin Couperin
La mer Jules Michelet (deuxième édition reliée Hachette 1861)
la nuit du 6 octobre à La Rascasse (bar)(Port Hercule - Monaco)
bientôt une nouvelle revue
Heller Sébastien Roux (CD Optical Sound)
gratin de coquillettes au homard (recette de Pierre)
le site de Gundula
Un nid pour quoi faire Cadiot
Samedi 6 septembre 2008
Gênes, le Samedi Dimanche 17 Novembre 78
Chers amis
J’arrive ce matin à Gênes, et reçois
vos lettres. Un passage pour l’Égypte
se paie en or de sorte qu’il je n’y a aucun
bénéfice. Je pars lundi 19 à neuf heures du soir.
On arrive à la fin du mois.
Quant à la façon dont je suis arrivé ici,
elle a été accidentée et rafraîchie de temps
en temps par la saison. Sur la ligne
droite des Ardennes en Suisse, voulant
rejoindre, de Remiremont, la corresp.
Allemande à Wesserling, il m’a fallu passer
les Vosges, d’abord en diligence, puis à pied ;
aucune diligence ne pouvant plus circuler,
dans près de cinquante centimètres de neige
en moyenne et par une tourmente signalée.
Mais l’exploit prévu était le passage du
Gothard, qu’on ne monte plus en voiture à
cette saison, et que je ne pouvais passer en
voiture.
A Altdorf, à la pointe méridionale du
lac des Quatre Cantons qu’on a côtoyé en vapeur
commence la route du Gothard. A Amsteg,
à une quinzaine de kilomètres d’Altdorf, la
route commence à grimper et à tourner selon
le caractère Alpestre. Plus de vallée, on
ne fait plus que dominer des précipices,
par dessus les bornes décamétriques de la route.
Avant d’arriver à Andermatt, on passe
un endroit d’une horreur remarquable,
dit le pont du Diable, - moins beau pourtant
- que la Via mala du Splügen, que vous
avez en gravure. A Göschenen, un village
devenant bourg par l’affluence des ouvriers,
[texte conforme à la photocopie du manuscrit, seule partie vérifiable actuellement]
[…] on voit au fond de la gorge l’ouverture du fameux tunnel, les ateliers et les cantines de l’entreprise. D’ailleurs tout ce pays d’aspect si féroce est fort travaillé et travaillant. Si l’on ne voit pas de batteuses à vapeur dans la gorge, on entend un peu partout la scie et la pioche sur la hauteur invisible. Il va sans dire que l’industrie du pays se montre surtout en morceaux de bois. Il y a beaucoup de fouilles minières. Les aubergistes vous offrent des spécimens minéraux plus ou moins curieux, que le diable, dit on, vient acheter au sommet des collines et va revendre en ville.
Puis commence la vraie montée, à Hospital, je crois : d’abord presque une escalade, par les traverses, puis des plateaux ou simplement la route des voitures. Car il faut bien se figurer que l’on ne peut suivre tout le temps celle ci, qui ne monte qu’en zig-zags ou terrasses fort douces, ce qui mettrait un temps infini, quand il n’y a à pic que 4 900 d’élévation pour chaque face, et même moins de 4 900, vu l’élévation du voisinage. On ne monte non plus à pic, on suit des montées habituelles, sinon frayées. Les gens non habitués au spectacle des montagnes apprennent aussi qu’une montagne peut avoir des pics, mais qu’un pic n’est pas la montagne. Le sommet du Gothard a donc plusieurs kilomètres de superficie.
La route, qui n’a guère que six mètres de largeur, est comblée tout le long à droite par une chute de neige de près de deux mètres de hauteur, qui, à chaque instant, allonge sur la route une barre d’un mètre de haut qu’il faut fendre sous une atroce tourmente de grésil.
Voici ! plus une ombre dessus, dessous ni autour, quoique nous soyons entourés d’objets énormes ; plus de route, de précipices, de gorge ni de ciel : rien que du blanc à songer, à toucher, à voir, ou ne pas voir, car impossible de lever les yeux de l’embêtement blanc qu’on croit être le milieu du sentier. Impossible de lever le nez à une bise aussi carabinante, les cils et la moustache en stala[c]tites, l’oreille déchirée, le cou gonflé. Sans l’ombre qu’on est soi même, et sans les poteaux du télégraphe, qui suivent la route supposée, on serait aussi embarrassé qu’un pierrot dans un four.
Voici à fendre plus d’un mètre de haut, sur un kilomètre de long. On ne voit plus ses genoux de longtemps. C’est échauffant. Haletants, car en une demi heure la tourmente peut nous ensevelir sans trop d’efforts[,] on s’encourage par des cris, (on ne monte jamais tout seul, mais par bandes). Enfin voici une cantonnière : on y paie le bol d’eau salée 1,50.
En route. Mais le vent s’enrage, la route se comble visiblement. Voici un convoi de traîneaux, un cheval tombé moitié enseveli. Mais la route se perd. De quel côté des poteaux est ce ? (II n’y a de poteaux que d’un côté.) On dévie, on plonge jusqu’aux côtes, jusque sous les bras… Une ombre pâle derrière une tranchée : c’est l’hospice du Gothard, établissement civil et hospitalier, vilaine bâtisse de sapin et pierres; un clocheton. À la sonnette un jeune homme louche vous reçoit; on monte dans une salle basse et malpropre où on vous régale de droit de pain et fromage, soupe et goutte. On voit les beaux gros chiens jaunes à l’histoire connue. Bientôt arrivent à moitié morts les retardataires de la montagne. Le soir on est une trentaine, qu’on distribue, après la soupe, sur des paillasses dures et sous des couvertures insuffisantes. La nuit, on entend les hôtes exhaler en cantiques sacrés leur plaisir de voler un jour de plus les gouvernements qui subventionnent leur cahute.
Au matin, après le pain fromage goutte, raffermis par cette hospitalité gratuite qu’on peut prolonger aussi longtemps que la tempête le permet, on sort : ce matin, au soleil, la montagne est merveilleuse : plus de vent, toute descente, par les traverses, avec des sauts, des dégringolades kilométriques, qui vous font arriver à Airolo, l’autre côté du tunnel, où la route reprend le caractère alpestre, circulaire et engorgé, mais descendant. C’est le Tessin.
La route est en neige jusqu’à plus de trente kilomètres du Gothard. À 30 k. seulement, à Giornico, la vallée s’élargit un peu. Quelques berceaux de vignes et quelques bouts de prés, qu’on fume soigneusement avec des feuilles et autres détritus de sapin qui ont dû servir de litière. Sur la route défilent chèvres, boeufs et vaches gris, cochons noirs. À Bellinzona, il y a un fort marché de ces bestiaux. À Lugano, à vingt lieues du Gothard, on prend le train, et on va de l’agréable lac de Lugano à l’agréable lac de Como. Ensuite, trajet connu.
Je suis tout à vous, je vous remercie et dans une vingtaine de jours vous aurez une lettre.
Votre ami.
A.R.
un soir à la Chaux-de-Fonds
Dimanche 1 juin 2008Musiques de Scelsi, Bach, Purcell, Debussy
Textes de Nietzsche, Michaux, Schwob, Woolf, Poe, Mallarmé, Dante
Conception Fabrice Huggler et Daniele Pintaudi
Espace Cyril Macq
Son Gérard Burger
Video Philippe Maeder
Avec Guillaume Prin et Daniele Pintaudi
Je suis un écho qui se tient devant le miroir est un spectacle envoûtant, d’une beauté rare. Il m’a laissé un souvenir ému. J’espère qu’il sera repris.
Certainement subsiste une présence de Minuit (Igitur)
Tapis
Jeudi 29 mai 2008Michèle Gleizer est comédienne. Elle a joué avec Tilly et Michel Piccoli. Elle pratique aussi la broderie (petites étoffes, grands tapis). Elle brode des arbres, des oiseaux, des abécédaires, des poèmes de Marina Tsvetaïeva, des vaches mauves qui partent dans le décor
Elle expose du 30 mai au 12 juillet à La Croix et la Manière, 36 rue Faidherbe 75011 Paris.




